Ce qui a changé le 14 juillet 2026
Le 14 juillet 2026, SQL Server 2016 a atteint la fin de son support étendu. Le support standard s'était déjà arrêté en juillet 2021 ; depuis cet été, Microsoft ne publie plus aucun correctif, y compris de sécurité, pour cette version. Seules les entreprises qui souscrivent aux mises à jour de sécurité étendues (ESU) continuent de recevoir les correctifs critiques. Toutes les éditions sont concernées : Enterprise, Standard, Web, Express et Developer.
Concrètement, vos instances continuent de tourner exactement comme avant. Rien ne s'arrête, aucune licence n'expire, aucun message d'alerte n'apparaît. C'est précisément ce qui rend cette échéance facile à repousser, et c'est pour cela que de nombreux serveurs SQL Server 2016 sont encore en production aujourd'hui.
Les risques réels d'une version hors support
- La sécurité. Toute vulnérabilité découverte après juillet 2026 reste ouverte sur vos serveurs. Or la base SQL Server contient souvent ce que l'entreprise a de plus précieux : clients, factures, paie, données de production.
- La conformité. Questionnaires de sécurité des grands comptes, assureurs cyber, audits ISO 27001, exigences liées à NIS 2 : la gestion des vulnérabilités y tient une place croissante, et « la version n'est plus maintenue par l'éditeur » est une réponse de plus en plus difficile à défendre.
- Le support des éditeurs. Microsoft ne traite plus les incidents sur cette version sans ESU, et les éditeurs de progiciels (ERP, paie, logiciels métier) retirent progressivement SQL Server 2016 de leurs matrices de compatibilité.
- Le système d'exploitation. Beaucoup d'instances SQL Server 2016 tournent sur Windows Server 2016, dont le support étendu s'arrête à son tour le 12 janvier 2027. Traiter les deux sujets ensemble évite de migrer deux fois.
- Une marche qui grandit. Plus la migration est repoussée, plus l'écart de versions, de pilotes et de compétences à combler est important.
Première étape : savoir exactement ce que vous avez
Avant de choisir une option, il faut un inventaire fiable. Ce script, en lecture seule, donne la version, le niveau de correctif et l'édition de chaque instance, puis le niveau de compatibilité de chaque base :
/* Version, niveau de correctif et édition de l'instance */
SELECT
SERVERPROPERTY('ServerName') AS instance,
SERVERPROPERTY('ProductVersion') AS version, /* 13.0.x = SQL Server 2016 */
SERVERPROPERTY('ProductLevel') AS niveau, /* SP3 attendu */
SERVERPROPERTY('ProductUpdateLevel') AS mise_a_jour,
SERVERPROPERTY('Edition') AS edition;
/* Bases, niveau de compatibilité et mode de récupération */
SELECT name, compatibility_level, recovery_model_desc, state_desc
FROM sys.databases
ORDER BY name;Une version qui commence par 13.0 correspond à SQL Server 2016 (14.0 pour 2017, 15.0 pour 2019, 16.0 pour 2022, 17.0 pour 2025). Ne confondez pas la version du moteur et le niveau de compatibilité des bases : une base en niveau 130 hébergée sur un SQL Server 2022 est parfaitement supportée. C'est la version du moteur qui compte pour le support.
Pensez aussi aux instances que l'on oublie : les éditions Express installées par un logiciel métier, les serveurs de reporting (SSRS), d'intégration (SSIS) ou d'analyse (SSAS) en version 2016, et les environnements de recette et de développement.
Option 1 : acheter du temps avec les ESU
Les mises à jour de sécurité étendues prolongent la réception des correctifs de sécurité classés critiques pendant au plus trois ans, jusqu'en juillet 2029. Ce qu'il faut savoir avant de signer :
- elles ne concernent que les éditions Enterprise et Standard, et ne contiennent que des correctifs de sécurité critiques : aucune correction de bogue, aucune nouvelle fonctionnalité ;
- elles s'achètent soit via un contrat de licences en volume avec Software Assurance, soit en paiement à l'usage en connectant vos serveurs à Azure Arc, facturé à l'heure et par cœur, et résiliable à tout moment ;
- leur prix augmente chaque année : d'après les grilles relayées par les spécialistes des licences Microsoft, environ 75 % du prix de la licence la première année, puis 150 % et 300 %. Faites confirmer ces montants par votre revendeur, ils dépendent de votre contrat ;
- contrairement à SQL Server 2014, les ESU de SQL Server 2016 ne sont pas gratuites sur les machines virtuelles Azure ;
- souscrire en retard ne fait pas économiser : la facturation remonte au début de l'année ESU en cours, soit le 15 juillet 2026 pour la première année.
Les ESU sont une passerelle, pas une destination. La première année a du sens si elle couvre une migration planifiée dans les douze mois. Au-delà, le coût cumulé finance largement une montée de version.
Option 2 : monter de version, vers SQL Server 2022 ou 2025
C'est la voie la plus fréquente. Les deux cibles réalistes aujourd'hui sont SQL Server 2022 et SQL Server 2025 : migrer vers 2017 ou 2019, déjà sortis du support standard, ne ferait que repousser le problème.
| Version | Fin du support standard | Fin du support étendu |
|---|---|---|
| SQL Server 2017 | octobre 2022 (terminé) | 12 octobre 2027 |
| SQL Server 2019 | février 2025 (terminé) | 8 janvier 2030 |
| SQL Server 2022 | 11 janvier 2028 | 11 janvier 2033 |
| SQL Server 2025 | 6 janvier 2031 | 6 janvier 2036 |
Pour choisir entre les deux :
- Commencez par vos éditeurs. Si votre ERP ou votre logiciel métier n'est certifié que sur SQL Server 2022, la question est réglée. S'il l'est aussi sur 2025, c'est cette version qui vous donnera la plus longue durée de support.
- Regardez votre édition. SQL Server 2025, sorti en novembre 2025, relève les limites de l'édition Standard à 32 cœurs et 256 Go de mémoire, ce qui évite parfois de payer l'édition Enterprise. L'édition Web, elle, n'existe plus en 2025.
- Profitez-en pour redimensionner. Les licences SQL Server se paient au cœur : une migration est le bon moment pour vérifier que le nombre de cœurs et l'édition correspondent au besoin réel.
Techniquement, une mise à niveau sur place depuis SQL Server 2016 SP3 est supportée vers 2022 comme vers 2025. Nous recommandons pourtant presque toujours une migration côte à côte, vers un nouveau serveur : elle permet de tester avant la bascule, de changer de système d'exploitation en même temps et de garder l'ancien serveur intact comme solution de repli.
Option 3 : passer sur Azure SQL
Azure SQL Managed Instance et Azure SQL Database suppriment la question des versions : le moteur est mis à jour en continu par Microsoft, et les sauvegardes comme la haute disponibilité sont incluses. Ce n'est pas pour autant un choix automatique. Il faut vérifier la compatibilité fonctionnelle (requêtes entre bases, jobs SQL Server Agent, CLR, services SSIS et SSRS), la latence entre vos applications et le cloud, et surtout comparer le coût mensuel avec celui d'un serveur que vous amortissez déjà.
Ce qui fait réussir une migration
- Un inventaire complet : instances, bases, jobs, connexions et mots de passe, serveurs liés, packages SSIS, rapports SSRS, certificats de chiffrement (TDE, sauvegardes chiffrées).
- Des tests de performance avant la bascule. Pour limiter les surprises, gardez le niveau de compatibilité
130le jour de la migration, activez le Query Store, puis montez le niveau progressivement en comparant les plans d'exécution. - Une bascule répétée. Sauvegarde et restauration, log shipping ou groupe de disponibilité selon l'interruption acceptable : la bascule réelle doit être la deuxième ou la troisième, jamais la première.
- Un plan de retour arrière réaliste. Une base restaurée sur une version plus récente ne peut plus revenir sur SQL Server 2016. Le repli, c'est l'ancien serveur conservé en l'état, avec une décision claire sur les données saisies après la bascule.
- Un suivi après la migration : mise à jour des statistiques, contrôle des jobs et des sauvegardes, surveillance des régressions dans le Query Store pendant les premières semaines.
Par où commencer cette semaine
- lancez le script d'inventaire ci-dessus sur chaque instance ;
- listez les applications concernées et demandez à chaque éditeur ses versions certifiées ;
- décidez si une première année d'ESU est nécessaire pour couvrir la durée de la migration, ou si vous migrez directement ;
- fixez une date de bascule, même provisoire : c'est elle qui fera avancer le projet.
Nous accompagnons ce type de projet de bout en bout, de l'inventaire à la bascule : voir notre offre de migration et montée de version SQL Server. Si vous ne savez pas encore dans quel état sont vos instances, un audit SQL Server donne une photo complète en quelques jours, fin de support comprise.
